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RESTAURONS
LA CATHÉDRALE
Notre‑Dame de Paris
Pour que la Cathédrale soit restaurée et qu’elle continue à rayonner pendant la période du chantier, la Fondation Notre Dame a besoin de vous.

Programme Cathédrale : faire battre le cœur de Notre‑Dame

Alors que la phase de consolidation va s’achever et que la restauration pourra commencer après l’été, Notre‑Dame de Paris prépare déjà sa réouverture en 2024. Un vaste programme d’aménagements intérieurs va rendre la cathédrale encore plus belle et accueillante.

Ce programme, entièrement à la charge de la cathédrale, vise à la rendre au culte et, plus largement, à proposer un nouveau parcours de visite aux six millions de fidèles, pèlerins et  touristes accueillis chaque année.

Plusieurs projets vont être mis en œuvre dans cette perspective :

Sauvée des flammes

La Couronne d’épines

Le soir de l’incendie, un panache important vient couvrir la capitale. De larges flammes embrasent la toiture de l’édifice et remontent vers la flèche de Viollet-le-Duc. La brigade des sapeurs-pompiers de Paris déploie alors un important dispositif pour éteindre le brasier. Parmi les priorités des hommes du feu, du personnel de la cathédrale et des conservateurs des monuments historiques : le sauvetage des œuvres majeures conservées à Notre‑Dame, en suivant le plan d’urgence établi un an auparavant.

Laurent Prades, régisseur général de la cathédrale, et les conservateurs s’engouffrent alors à la suite des pompiers pour mettre en sécurité la Couronne. Le coffret-reliquaire qui l’abrite est brisé lors de l’opération.

La cathédrale abrite, à côté des objets servant à la célébration du culte, des reliquaires. Ils referment les restes de saints que l’Église honore d’une dévotion particulière. Notre‑Dame de Paris abrite surtout les Très Saintes Reliques de la Passion du Christ acquises en 1238 par Saint Louis dont fait partie la Couronne d’épines.

Ce fragment végétal est porteur de plus de seize siècles de prières. C’est à la fois une relique extrêmement précieuse pour la chrétienté mais aussi très importante sur le plan culturel et celui de l’Histoire de France.

La Couronne d’épines

« Le soir de l’incendie, dans l’urgence de l’instant, nous nous sommes retrouvés à sauver tout le patrimoine que nous pouvions. Je me suis retrouvé à mettre un Clou de la Passion dans la poche de ma parka, la Couronne d’épines, dans son écrin en cuir, que j’ai prise sous mon bras… Ce jour-là, ces trésors ont été sauvés grâce au courage et au professionnalisme des équipes mobilisées. Un nouveau reliquaire sera conçu pour que ces insignes reliques puissent réintégrer la cathédrale. Nous avons depuis vécu un autre moment fort, lorsque, en avril 2020, pour le Vendredi Saint, la Couronne est revenue dans la Cathédrale à la demande de l’archevêque pour commémorer la Passion du Christ. Un geste de foi autant qu’un message d’espoir alors que les travaux se poursuivent dans la cathédrale. »

Laurent Prades, régisseur général de Notre‑Dame

Aménagements intérieurs

Notre‑Dame a toujours eu pour vocation d’accueillir gracieusement touristes, pèlerins et fidèles. C’est dans la droite ligne de cette tradition que doit être repensée sa réouverture.

Les équipes rassemblées autour du Père Gilles Drouin, délégué de l’archevêque, pour mener à bien ce travail de réflexion, ont imaginé un parcours novateur.  L’espace de culte et celui de la visite sont liés. L’entrée de tous s’effectuerait par le grand portail. La nef, ornée des Mays* réinstallés, serait dégagée durant une partie de la semaine permettant une vision du baptistère jusqu’au tabernacle. La déambulation du nord vers le sud, le long des 19 chapelles latérales et en passant par la Couronne d’épines à l’est, serait entièrement repensée pour une meilleure cohérence, offrant aux visiteurs un véritable parcours d’initiation au mystère de la cathédrale.

* Grands tableaux commandés par les chanoines et offerts chaque année le 1er mai de 1620 à 1707 à la cathédrale par la corporation des orfèvres parisiens. Ils ornaient la grande nef jusqu’à la Révolution qui les dispersa… jusqu’à un retour progressif de 13 d’entre eux à partir des années 50. 

Le mobilier

Il y a eu beaucoup de miracles pendant l’incendie de Notre‑Dame car aucune œuvre majeure n’a été perdue, à l’exception du maître-autel. Installé depuis 1989 à la croisée des transepts, ce dernier a été fracassé par l’effondrement de la voûte de la croisée et de toute la partie basse de la charpente de la flèche.

À l’instar des stalles, imbibées d’eau au lendemain de la catastrophe, beaucoup d’éléments de mobilier ont en revanche été fortement endommagés ou bien tout simplement détruits. Ambon, cathèdre, fauteuils de célébrant, bancs de chœur… la liste des objets à reconstruire est longue et à ce jour pas entièrement connue.

Autant de postes budgétaires non pris en charge par l’établissement public et dont il revient au diocèse d’assumer le financement.

Sans compter les quelque 1 500 chaises de la nef, également détruites lors de la catastrophe, destinées à accueillir les fidèles, pèlerins et visiteurs du monde entier qui vont de nouveau se presser à l’intérieur de l’édifice sitôt la toiture rénovée.

L’aménagement intérieur fait partie des sujets de réflexion menés depuis quelques mois par le diocèse en concertation avec le ministère de la Culture.

À ces dépenses viendront également s’ajouter celles liées au remplacement des équipements de sonorisation, au travail de scénographie et d’éclairage à mener, sans compter les installations pour la retransmission des célébrations et des principaux événements et temps forts de l’année. La sonorisation sera entièrement reconçue en profitant des techniques d’aujourd’hui les plus récentes et performantes. L’éclairage à lui seul pourrait représenter une somme de plusieurs millions d’euros.

La liturgie fait résonner les pierres

Orgue de chœur de Notre‑Dame

La cathédrale Notre‑Dame renferme le trésor des orgues réduits au silence depuis le sinistre du 15 avril 2019.

Contrairement au grand orgue, préservé des flammes, qui fait actuellement l’objet d’un travail de restauration, l’orgue de chœur a été ravagé par l’eau.

Cet instrument du quotidien, cheville ouvrière de la liturgie, a été abondamment arrosé, d’une part par les eaux projetées à dessein de préserver les stalles du chœur, et d’autre part par les eaux de ruissellement provenant des voûtes. Des suies chargées en plomb se sont également déposées dans tout l’instrument.

Après expertise, seule une partie de la tuyauterie est réutilisable. La console, l’ensemble de la tuyauterie bois ainsi que tout le système de soufflerie et de transmission sont à reconstruire à neuf.

Une intervention essentielle pour cet instrument de grande valeur qui répond à tous les usages. Il accompagne aussi bien les fidèles quotidiennement dans la liturgie que la Maîtrise de Notre‑Dame dans les deux-tiers de ses concerts.

La reconstruction va non seulement permettre de le préserver mais aussi de l’enrichir. En effet, l’instrument ne dispose pas de certaines « couleurs sonores » pour l’interprétation de tout le répertoire. Il manque également d’ampleur pour se diffuser naturellement dans toute la nef et remplir son rôle d’accompagnateur lors des offices qui réunissent chaque jour de quelques centaines à plusieurs milliers de fidèles, pèlerins et visiteurs.

« Les murs de la cathédrale sont une coquille vide sans la musique, qui n’est rien non plus sans elle. L’orgue de chœur participe à la grande qualité de la vie de Notre‑Dame, réputée pour la beauté de sa liturgie. Seul orgue en service pendant les campagnes de restauration du grand orgue, il a toujours été utilisé depuis sa dernière reconstruction il y a cinquante ans.
Mais les liturgies de l’époque sont sans commune mesure avec celles d’aujourd’hui… Désormais, l’orgue manque cruellement d’ampleur face à l’affluence des fidèles aux offices. L’instrument que nous voudrions retrouver est un instrument adapté à ses fonctions : avec la même image sonore et doté d’une extension ! »

Yves Castagnet, organiste de chœur depuis 30 ans

Pour que continue à vivre Notre‑Dame au moment de sa réouverture

Photos : © Marie-Christine Bertin – Yannick Boschat / Diocèse de Paris – Notre‑Dame de Paris –
Reuters / Philippe Wojazer – DR